Un propriétaire fait scanner son immeuble. Quelques semaines plus tard, il reçoit un nuage de points de plusieurs gigaoctets, alors que son architecte attendait des plans. Ce genre de malentendu arrive souvent, et il s’évite pourtant sans difficulté quand on sait ce qu’un relevé 3D peut produire et comment le commander.
Du nuage de points au plan
Le scanner laser enregistre des millions de points qui reproduisent la géométrie réelle du bâtiment. Ce nuage de points contient beaucoup d’informations, mais personne ne travaille directement dessus comme sur un plan. Il faut d’abord le découper en tranches horizontales et verticales. Un dessinateur trace ensuite les murs, les ouvertures et les niveaux en s’appuyant sur ces tranches.
Le plan est donc dessiné à partir du scan, avec des choix de représentation faits par quelqu’un. La qualité du résultat tient autant à ce travail de dessin qu’à la capture sur site.
Les livrables 2D les plus courants
Plans d’étage
Un plan d’étage correspond à une coupe horizontale, faite à une hauteur conventionnelle au-dessus du sol. On y voit les murs, les cloisons, les portes et fenêtres, les escaliers et les équipements fixes. Pour un relevé complet, chaque niveau est dessiné, y compris les sous-sols et les combles.
Coupes
Les coupes donnent les hauteurs d’étage, l’épaisseur des dalles, les niveaux de sol et la forme du toit. Dès qu’un projet modifie les volumes, une surélévation ou des combles à aménager par exemple, on ne peut pas s’en passer.
Élévations de façades
L’élévation montre une façade de face, sans perspective. Elle peut rester un dessin au trait. On peut aussi la compléter par une orthoimage, une photo redressée et mise à l’échelle où l’on voit les vrais matériaux. Sur un bâtiment ancien, c’est souvent cette image qui sert le plus.
Toitures et détails
Un plan de toiture ou des détails de corniche, d’escalier ou de menuiserie s’ajoutent quand le projet le demande.
| Livrable | Ce qu’il montre | Usage typique |
|---|---|---|
| Plan d’étage | Murs, ouvertures, circulations, équipements fixes | Transformation, aménagement, calcul de surfaces |
| Coupe | Hauteurs, dalles, niveaux, toiture | Surélévation, combles, contrôle des gabarits |
| Élévation | Ouvertures, modénatures, matériaux | Rénovation de façade, dossier d’autorisation |
| Orthoimage | Aspect réel à l’échelle | Restauration, relevé des dégâts |
| Plan de détail | Éléments ponctuels à grande échelle | Exécution, menuiserie, patrimoine |
Ce que le cadre suisse attend de ces plans
La norme SIA 400 fixe les règles d’élaboration des dossiers de plans dans le bâtiment. Elle traite aussi de la mise à jour des plans de l’ouvrage achevé et de leur archivage. Le relevé 3D entre dans ce cadre, puisqu’il sert justement à remettre à jour la documentation d’un bâtiment qui existe.
Pour une autorisation de construire, ce sont ensuite les cantons et les communes qui précisent ce qu’ils veulent voir.
- En Valais, la commune d’Evolène se réfère à l’ordonnance cantonale sur les constructions de 2017 et demande des plans dessinés dans les règles de l’art, à l’échelle 1/50 ou 1/100. Pour une transformation importante, elle exige aussi un relevé altimétrique du bâtiment existant, avec les parties existantes teintées en gris, les démolitions en jaune et les parties projetées en rouge
- À Genève, l’Office des autorisations de construire conseille de coter les plans, coupes et élévations de tous les étages, y compris sous-sols, caves et combles, en indiquant toujours l’échelle
- Dans le canton de Vaud, un formulaire pour les constructions hors zone à bâtir demande des façades et des coupes où l’état actuel est en noir, les travaux en rouge et les démolitions en jaune
Les codes couleur varient donc d’un endroit à l’autre. À chaque fois, en revanche, le dossier part de l’état existant. Si celui-ci est mal relevé, tout ce qui est dessiné par-dessus hérite de ses erreurs. C’est tout le problème des plans existants qui ne reflètent plus le bâtiment construit.
Les installations techniques suivent par ailleurs leurs propres conventions. Les recommandations SIA 410/1 et 410/2 concernent les plans des installations en place et les évidements. Nous avons consacré un article au relevé CVSE par scan 3D.

Échelle, niveau de détail et précision
Ces trois paramètres se décident avant la capture, et ils dépendent les uns des autres.
L’échelle change ce qui apparaît sur le plan. Au 1/100, une moulure ou l’ébrasement d’une fenêtre ne se voit plus. Au 1/20, en revanche, il faut dessiner chaque détail, et le temps de travail augmente en conséquence.
Le niveau de détail répond à des questions très concrètes. Dessine-t-on les radiateurs, les plinthes, les lavabos ? Tout dépend de ce qu’on fera du plan, comme pour une maquette BIM.
Quant à la précision, elle s’écrit dans la commande, avec la façon dont on la contrôlera.
Ce qu’un scan ne montre pas
Le scanner ne mesure que les surfaces qu’il voit. La structure cachée derrière un doublage, les gaines encastrées ou la composition d’un mur lui échappent. On les retrouve grâce à des sondages, aux anciens documents ou à ce qu’on observe sur place.
Le plan doit faire apparaître cette différence. Une légende ou un trait particulier suffit souvent à séparer ce qui a été mesuré de ce qui a été déduit, et le lecteur sait alors jusqu’où il peut se fier au dessin.
Comment commander vos plans
- Dites à quoi serviront les plans, autorisation, étude, exécution ou gestion du bâtiment
- Listez les niveaux, les coupes et les façades souhaités, en indiquant où passent les coupes
- Fixez l’échelle et le niveau de détail
- Précisez le format de remise, DWG et PDF par exemple, et transmettez le gabarit de calques de votre bureau
- Gardez aussi le nuage de points, qui permettra plus tard de vérifier une cote ou d’ajouter une coupe
Pour conclure
Un même relevé peut fournir des plans, des coupes, des façades et, un jour, une maquette BIM. Ce qu’on en tire dépend toutefois de ce qui a été décidé avant d’aller sur le terrain.
Chez AB 3D Scanning, nous fixons avec vous l’usage, l’échelle et le niveau de détail avant d’intervenir, puis nous livrons des plans adaptés à votre projet. Vous préparez une transformation ou un dossier d’autorisation ? Nous en parlons volontiers avec vous.
Sources
- SIA, norme SIA 400:2000 « Élaboration des dossiers de plans dans le domaine du bâtiment » (disponible sur le shop SIA)
- CRB, CAN 461 F/2022, indications générales, qui citent les recommandations SIA 410/1 et 410/2
- République et canton de Genève, Office des autorisations de construire, « Réussir sa demande d’autorisation de construire » (mai 2022)
- État de Vaud, DGTL, formulaire 66B pour les constructions hors zone à bâtir (août 2022)
- Commune d’Evolène, documents à fournir pour une demande d’autorisation de construire (janvier 2018)